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La Courtine 1917
Lumière sur les évènements survenus en 1917

Site de l’association La Courtine 1917 .À la mémoire des 10000 soldats russes de la première brigade internés au camp de La Courtine du 26 juin au 19 septembre 1917 . Ils y furent militairement réprimés , eux qui s’étaient mutinés contre la poursuite de la guerre , exigeant leur rapatriement en Russie révolutionnaire .

L’HISTOIRE et le ROMAN (3) : « Après Marienburg », de Liliane FAURIAC

par Christophe
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Un article de Michel Patinaud :

Ce beau roman est très émouvant. Par moments, il rappelle « Sans famille », « L’enfant » ou le « Petit chose », et c’est vraiment très triste. L’évocation des premières années des deux jeunes héros relève de cette tradition de notre littérature qu’on peut qualifier de « roman social ». Liliane sait rendre avec simplicité et une grande justesse, la vie familiale ou celle des villages, des années 20. Elle y mêle pas mal de sentimentalisme (ce n’est pas un jugement) dans le traitement des amours et amourettes. En temps de crise, il semble que ces derniers prennent obligatoirement une dimension dramatique. Est-ce vraiment « la vraie vie » ?

Ce n’est toutefois pas cette question que nous allons retenir ici. Pour résumer, « Après Marienburg » raconte les origines, et l’apprentissage de la vie de deux orphelins de guerre, que la mère s’est résolue à abandonner (je n’entre pas dans les détails). Il s’agit de deux histoires parallèles qui se rejoignent (si, si, c’est possible, la preuve …). Le premier point commun entre Pierre et Gabrielle est de naître à Limoges. Le garçon est le fruit d’amours adultères, entre un soldat russe et une paysanne de Magnat-l’Etrange. La fillette a pour mère une pianiste de concert espagnole, de passage à Limoges ; elle ne sait pas exactement qui est le père ! Leur vie va se dérouler dans le contexte des années 20-30, puis de la 2è guerre mondiale. Et les circonstances de leur rencontre ? C’est une surprise. Donc, vous lirez.

Le roman débute à peu près là où celui de Corine Valade s’achève. Du côté de La Courtine, durant l’été 1917, enfin pas tout-à-fait. Liliane Fauriac nous dresse un panorama, court mais très détaillé, des tribulations de Dimitri depuis Samara, sur la Volga, jusqu’à La Courtine. Les familiers de nos publications, de nos historiens ou cinéastes, connaissent déjà ce cheminement. Le récit de Liliane est assez alerte, et « ce qu’on connaît déjà » passe très bien. Ainsi, on se croirait presque à côté du héros durant le voyage maritime de Dairen à Marseille, et on imagine fort bien le « bol de riz aspergé d’une sauce répugnante », comme les coups de cravaches des officiers, et les exercices épuisants sur le pont. Puis vient le front, dont là aussi, Liliane dresse une évocation réaliste. Finalement, sur les pas de Dimitri – qui est un meneur – on aperçoit les drapeaux rouges du 1er mai russe, la silhouette du général Palytsine, comme les grondements sonores ou intimes de la troupe ... L’été se passe ensuite sur le plateau de Millevaches. Là, entre les assemblées régulières du soviet, s’organisent les contacts avec la population. Ces passages sont une reconstitution romancée, et imaginaire, si je ne me trompe, du quotidien et des sentiments de nos moujiks. Dimitri, et quelques camarades, sont volontaires pour aider aux travaux des champs, nous en avons bien des preuves sur quelques photos. Mais Cupidon est là, caché derrière une meule de foin ! et la belle est mariée à un soldat mobilisé. Je passe sur les détails et vous laisse juge de la crédibilité de l’intrigue. On est plein d’espoirs pour la vie future de Dimitri, mais on craint aussi le pire … qui adviendra bien sûr. Entre-temps, Liliane nous promène dans la campagne creusoise, et quelques petits doutes assaillent le chercheur méticuleux. C’est étrange, Magnat est tout de même à 14 km du camp … la population est évacuée le 14 septembre, mais le curé célèbre la messe deux jours plus tard devant « ses paroissiens » (?), puis, Paul, le mari, est libéré le 14 juillet 1918 ? Çà n’est pas très important.
Cette partie de l’intrigue se déroule jusqu’à la naissance de Pierre, orphelin de père et bâtard … Un petit regret : l’histoire est beaucoup plus centrée sur la personnalité de sa mère, Marie, que sur celle de Dimitri. Très loin de là, à Prague, et un peu plus tard, Marta, la concertiste, rencontre Oleg, puis Frédéric …
Voilà terminé un rapide panorama du roman « Après Marienburg ». Il est un hommage aux parents de Liliane Fauriac, inspiré par leur histoire d’enfants abandonnés. Il se déroule entre 1915 et 1946, en grande partie en Limousin. L’Histoire y est bien présente, de multiples façons. Le passage très éphémère des soldats russes, rend l’intrigue assez singulière. Pourtant, on la suit sans hésiter. Lecteur, je me demande cependant ceci : faut-il des périodes aussi troublées et dramatiques pour que de telles histoires se produisent ? Et l’Histoire, « la grande », est-elle seulement un prétexte ou une toile de fond ? Quoi qu’il en soit, lisez, vous ne le regretterez pas.



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La Mutinerie De La Courtine. Les Régiments Russes Révoltés En 1917 Au Centre De La France. de Poitevin Pierre

Auteur : POITEVIN PIERRE

Editeur : Payot

Parution : 01/01/1938

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