Hommage à nos disparus ...

par Christophe

Hommage rendu par Jean-Louis Bordier à nos adhérents et amis décédés .

Je voudrais rendre hommage à trois personnes qui nous ont quittés depuis la constitution de l’association, les 2 premiers étaient des adhérents de la première heure, membre l’un et l’autre du noyau fondateur de notre association La Courtine
1917.

Le premier qui nous quitté en mars 2014, est Marc Blondel que beaucoup de personnes ici ont pu connaître comme responsable syndicaliste de premier plan mais aussi comme Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée.
C’est à ce titre que le 15 septembre 2012, il était venu à La Courtine comme 300 autres citoyens et élus, pour l’inauguration de la stèle que la Libre Pensée de la Creuse venait de faire ériger en mémoire aux mutins.
J’ai parfaitement encore en mémoire que ce jour là au cimetière devant la stèle, avec la passion qui le caractérisait, Marc Blondel prononça un discours dont je vais vous lire la fin tant elle est caractéristique de celui qui se voulait être un humaniste, un pacifiste internationaliste mais aussi un rebelle en permanence :
(...) Le 16 septembre, pour réduire l’insoumission, les troupes russes restées fidèles et la troupe française (5500 hommes dit-on), assistées de l’artillerie française, bombardent le camp, ce qui constitue un véritable assassinat collectif : plus de 100 morts, beaucoup de blessés. Voici très succinctement rappelé ce qui nous conduit,
aujourd’hui, à participer à l’inauguration de ce mémorial.
Comment, dans ces conditions, ne pas s’interroger sur le silence volontaire des hommes politiques sur cet événement ? Comment, dans ces conditions, ne pas être antimilitariste ? Comment dans ces conditions, ne pas frissonner d’horreur et de colère en constatant que pour répondre au canon français, les soldats russes, j’allais dire
les camarades russes, jouèrent la Marseillaise et la marche funèbre de Chopin ? Comment alors ne pas être exaspéré de voir les gouvernements refuser la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple, décision de valeur symbolique qui réintégrerait l’ensemble des morts de ce conflit dans l’histoire avec un grand H ?
Il ne s’agit pas de repentance, il ne s’agit pas de mépriser le souvenir de ceux qui sont morts au combat, il s’agit de condamner la guerre, toutes les guerres. Pour l’histoire toujours, j’indique qu’une partie des soldats rebelles furent déportés, c’est le mot exact, en Algérie dans des camps où ils furent plus qu’exploités physiquement et moralement par les colons.
Alors, Mesdames et Messieurs, citoyens, citoyennes, monte en moi le 5ème couplet, interdit lui aussi, de l’Internationale : « Les rois nous saoulaient de fumée, paix entre nous, guerre aux tyrans, appliquons la guerre aux armées, crosse en l’air et rompons les rangs. S’ils s’obstinent ces cannibales à faire de nous des héros, ils sauront bientôt que nos balles sont pour nos propres généraux ».
Voilà ce que nous disait Marc Blondel ce 15 septembre 2012 et un an plus tard il fut un des premiers adhérents à notre association.

Je souhaite associer à cet hommage à nos disparus un autre camarade qui nous a quitté le 18 février 2015, il s’agit de Gérard Chauvat ,un camarade creusois, militant de nombreuses causes toutes aussi honorables les unes que les autres.
Mathématicien renommé et apprécié par ses pairs, militant, responsable communiste, libre penseur, Gérard avait aussi bien d’autres engagements dont celui auquel il tenait beaucoup : faire rayonner notre association La Courtine 1917.
Son épouse et notre amie Marie-Hélène continue tous ses combats et avec une grande énergie, elle est membre du Conseil d’administration et du bureau de notre association.

Et enfin je voudrais rendre hommage également à René Paquet natif d’Aubusson, qui fut un grand Résistant, qui était le Président fondateur du Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de la Creuse. René Paquet avait témoigné dans le film tourné il y a 3 ans « 1000 vaches rebelles » .Il évoquait un épisode ou sa mère avait accueilli des russes chez elle en 1917 .

Je vous propose que nous observions une minute de silence en hommage à ces trois amis et camarades décédés.